Traumacoma

03 février 2015

Balivernes

J'aimerais pouvoir t'écrire le Vide... Ce vide. Celui que tu laisses sur ton sillage, mais les mots justes me boudent.

J'aimerais pouvoir te dessiner l'absence, celle qui a pris ancrage dans ma vie. L'hiver de tes mots, me collent à la peau, et le remord des miens me pousse dans l'abysse de la solitude. Solitude consentie.

L'ombre du mensonge capitule, et moi... Moi je respire ton absence mais n'aspire qu'à demain.

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20 décembre 2014

Hommage

Tu imprègnes ton âme d’un visage,

Et serres des matins contre ton sein,

Chérissant un parfum,

Tu immortalises chaque sourire éphémère.

 

Empruntant quelques mots à Molière,

Tu construis un fou radeau,

Ils abriteront tes pensées en furies,

Quelques soupirs et quelques nostalgies…

Tu embrasses la main d’une muse,

Puis souris à un sublime reflet,

Tu bénis un printemps futur,

Et congédies cette voix dévoreuse d’espoir…

 

Tu chantes une beauté entrevue

Et acclame un charme dansant, hospitalier,

Ton cœur vieilli réclame une valse,

Un lendemain, un soir étoilé, une promesse…

 

Mais un jour se délie une maille,

Des dessous grossiers ou un visage surpris?...

Tu maudis une femme ou toute une gente ?

Reniant la sagesse et arrachant des fleurs,

Creusant des tombes pleureuses de martyrs,

où s’endormira une étoile déchue…

 

Tu t’exileras dans ta colère, un titan ?

Et dans ta rancœur t’applaudiront des intrus ?

Ton cri retentira silencieux,

Et son écho écrira une blessure ;

Tu te saisiras de ta poésie en bagages

Te détournant d’un chagrin.

 

Et adorant toutes les femmes

Sans en aimer aucune…

Reprenant ta route en mendiant, sur ton passage

Néanmoins te hantera un autre regard…

Puis comme une renaissance,

Ne jurant que sur ta plume,

Tu lui dédieras tes écris en héritage…

Comme si les mots ne sont nés

Que sous son beau regard…

 

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19 novembre 2014

Karima

Karima…

Je marchais sur ses traces,

Mes pas épousaient les siens,

Ils parcouraient

indécis mais fermes,

Distance que séparait

cauchemar et effroi

De nos rêves si lointains…

Après elle, nulle-place

Où le vide n’arbore

son drapeau olympien. 

Elle s’écoulait sous mon épiderme,

Elle se confondait en moi,

Quand mon reflet

se perdait au loin…

 

Karima…

Après elle,

plus que regrets en amas,

Multitudes de choses en suspend,

Foyer se brisant non sans fracas,

Libérant de leur urne

La désillusion.

  

Je marchais longtemps

en disciple,

Jusqu’à ce que ses pas

ne mènent plus

Qu’au tombeau

où s’est éteinte sa voix

Laissant derrière elle,

Diffuse ombrelle,

Où se réfugient les miens

Ecrasés par le deuil…

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09 novembre 2014

Sans titre

Maitresse de ta folie obscure,

Tu fais de moi un scalpel, sois-en fier.

Quand mon venin s’écoule sur tes écorchures,

Ton nom agonise,  sous mon  sourire,

Que l’attente a fini par épuiser.

Tu fais de  moi  amante  et ennemie,

Je fais de toi mon chien. 

Le souffre-douleur sur lequel

Diluer ma hargne,

Et peut-être même, les déceptions,

Continuum  de  ton être,

Sur  lesquelles  tu te prélasses.

 

Je te  crache  à  la gueule.

Et  ma bave  - aussi collante

Que l’amour perfide  dont tu  me tagues,

Et l’exil  dans  lequel tu te jettes,

Mesquineries  entravant tes orifices -

T’en ressortira fort grandi,

Blanchi de tes soupçons et

Libéré de ton orgueil de dindon.

Ce sera  moi  qui vais te  redorer le blason.

Je vais te pisser dessus, et

Mon urine  aussi acide que ma langue,

Promesse d’une longue jeunesse,

Lavera ton corps de son passé, 

Jusqu’à le déchiqueter,

Avec tout  mon amour.

 

De tes entrailles, je te tisserai une  corde, 

Et la nouerai  autour  de ton cou :

Nous  sommes liés jusqu’à la mort. 

Ton   amour,

Je  voudrais     tellement   le voir,

L’entendre vivre

Sous ta  cage thoracique.   

Te déculotter  la peau sur ton torse,

T’arracher  les  côtes,   une  à une…

Extraire ce cœur pourrissant,

Au gré de mes humeurs.

En  contempler   la  passion   qui en dégouline,

En  petites veines pourpres, 

Sur  mes doigts altruistes.     

 

Tu étais éteint, avant mon  passage,

Ta mort, je te l’ai extirpée par  la bouche.

Tes lèvres désespérées accrochées aux miennes,

Et aspirant mon essence,

Tu as  fini par  grandir, prenant toute la place,

Et maintenant, tu quémandes, et tu te rebelles.     

Le vide finira encore par

Te conduire vers mon sein

En abime où  tu t’abimes,

Le  cœur avide et  le corps explosé

Par l’insignifiance de nos vies.

  

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30 octobre 2014

Conformisme

Je me recherche, je glisse

Je me perds mais je me tiens debout.

Je disparaissais dans une multitude de « Je » plus approximatifs.

Rien ne me rassurait, encore moins les contes au sucre d’orge…

Mais maintenant ?

Libérée.

Libérée de vous, de vos mensonges qui me poursuivent la nuit en cavalcade.

A la dérive, mes idées, à la dérive mes sanglots, mes cris et mes coups de poings

A la dérive je vais et je reviens vers quelque chose qui ressemble plus à un visage amoché.

Je le préfère à vos images impassibles  où gronde chagrin et meurtre consenti.

 

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29 octobre 2014

L'innommable

Entre vie et mort,
l'innommable,
Voile épais fait de chair et de larmes.
Un silence morbide gémit puis se tait.
J'ai arrêté de compter les années,
Je me résigne
que j'en arrive à aimer jusqu'à l'ombre
que tu jettes sur ma carcasse pâlie.
Quand les bouches indécentes
ne se souviennent que de ton lit d'agonie,
passes-tu parfois contempler les ombres
jetées dans la nuit épaisse?
Te penches-tu sur nos fronts?
Nous frôles-tu de ta main impalpable?
Parle, dis-moi tes mots
que je garderais en emblème.

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Magnanime

Regarde, es-tu content ?
Regarde combien je suis exécrable de perfection.
Vois-tu combien je suis précise, quand je fends mes tomates ?
Combien je suis délicate, quand je sors les boyaux de ma dinde ?
Mes phalanges suintent la minutie…
Regarde, comme je suis experte, quand j’éventre mon poisson
Mes gestes sont divins.
Mais, ne vois-tu pas ?…
Je suis la grâce
Mais aussi la machination:
Quand mon couteau s’abat sur mes courgettes
Je ne fais que me retenir, car
C’est ton cœur que j’imagine sur ma table de travail.

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23 juin 2014

De la haine dans les veines

Je te vomis, je te respire, tes attentes envers moi, sont un abysse dans lequel je me noie.

Je te vomis, je te respire, j’aime que tu m’aimes, mais de toi, je n’ai nul besoin.

Je te vomis, tu ne me sers à rien, ta passion est le paillasson que mon pied piétine.

Tu me vomis, tu me respires, tu aimes à penser que tu es l’horizon sur lequel mes pensées se couchent.

Tu me vomis, tu me respires, ton addiction est le crachoir sur lequel je déteins.

Je te vomis, je te respire, Tu es là, tu es nul part, je te maudis, je te maudis.

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13 juin 2014

Mourrant célebré

Face à ton corps allongé, recouvert d’un drap, tremblotant, j’ai joui.

J’ai imaginé ta nudité, cela m’a laissée de marbre. Néanmoins …

J’ai joui, Quand je t’ai vu vulnérable, et les traits maladifs.

Tu étais tellement grotesque, tellement humain, tellement touchant, tellement insignifiant…

Que les larmes m’ont fait défaut.

Alors, je me suis contenté de jouir. Merci.

J’ai joui, Tu es tellement beau, quand tu es abruti par la fièvre…

Tu es tellement laid quand tu te tords de douleur, qu’être présente,

dans ces moments-là, est devenu ma raison d’être. Tu t’en fous.

Je m’en réjouis. Merci.

J’ai joui comme une bête, comme une garce, comme une nonne, comme une cochonne, sur ton cadavre frigide.

Mes bras en tombent. Ma culotte s’humidifie. Merci.

J’ai joui, et ma main moite de jouissance, sur ton front desséché par la haine, a fini par combler le vide. Merci.

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10 décembre 2013

Monotonie

Rien ne vient m’émouvoir.

Je me traîne ;

L’univers m’engloutit.

Le ciel demeure morne,

La nature s’immobilise,

Plus rien ne respire.

Tout semble me narguer, 

Tout semble m’ignorer.

Un sentiment étranger me noie.

J’ai la nausée.

La nausée de tout,

La nausée de rien,

Celle qui fait vivre,

Celle qui empêche de vivre,

La nausée du monde,

La nausée de tout le monde,

La tienne,

La mienne.

 

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