Face à ton corps allongé, recouvert d’un drap, tremblotant, j’ai joui.

J’ai imaginé ta nudité, cela m’a laissée de marbre. Néanmoins …

J’ai joui, Quand je t’ai vu vulnérable, et les traits maladifs.

Tu étais tellement grotesque, tellement humain, tellement touchant, tellement insignifiant…

Que les larmes m’ont fait défaut.

Alors, je me suis contenté de jouir. Merci.

J’ai joui, Tu es tellement beau, quand tu es abruti par la fièvre…

Tu es tellement laid quand tu te tords de douleur, qu’être présente,

dans ces moments-là, est devenu ma raison d’être. Tu t’en fous.

Je m’en réjouis. Merci.

J’ai joui comme une bête, comme une garce, comme une nonne, comme une cochonne, sur ton cadavre frigide.

Mes bras en tombent. Ma culotte s’humidifie. Merci.

J’ai joui, et ma main moite de jouissance, sur ton front desséché par la haine, a fini par combler le vide. Merci.