Regarde, es-tu content ?
Regarde combien je suis exécrable de perfection.
Vois-tu combien je suis précise, quand je fends mes tomates ?
Combien je suis délicate, quand je sors les boyaux de ma dinde ?
Mes phalanges suintent la minutie…
Regarde, comme je suis experte, quand j’éventre mon poisson
Mes gestes sont divins.
Mais, ne vois-tu pas ?…
Je suis la grâce
Mais aussi la machination:
Quand mon couteau s’abat sur mes courgettes
Je ne fais que me retenir, car
C’est ton cœur que j’imagine sur ma table de travail.