Tu imprègnes ton âme d’un visage,

Et serres des matins contre ton sein,

Chérissant un parfum,

Tu immortalises chaque sourire éphémère.

 

Empruntant quelques mots à Molière,

Tu construis un fou radeau,

Ils abriteront tes pensées en furies,

Quelques soupirs et quelques nostalgies…

Tu embrasses la main d’une muse,

Puis souris à un sublime reflet,

Tu bénis un printemps futur,

Et congédies cette voix dévoreuse d’espoir…

 

Tu chantes une beauté entrevue

Et acclame un charme dansant, hospitalier,

Ton cœur vieilli réclame une valse,

Un lendemain, un soir étoilé, une promesse…

 

Mais un jour se délie une maille,

Des dessous grossiers ou un visage surpris?...

Tu maudis une femme ou toute une gente ?

Reniant la sagesse et arrachant des fleurs,

Creusant des tombes pleureuses de martyrs,

où s’endormira une étoile déchue…

 

Tu t’exileras dans ta colère, un titan ?

Et dans ta rancœur t’applaudiront des intrus ?

Ton cri retentira silencieux,

Et son écho écrira une blessure ;

Tu te saisiras de ta poésie en bagages

Te détournant d’un chagrin.

 

Et adorant toutes les femmes

Sans en aimer aucune…

Reprenant ta route en mendiant, sur ton passage

Néanmoins te hantera un autre regard…

Puis comme une renaissance,

Ne jurant que sur ta plume,

Tu lui dédieras tes écris en héritage…

Comme si les mots ne sont nés

Que sous son beau regard…